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Comment les institutions financières s’adressent-elles à leurs actionnaires?

COMMENT LES INSTITUTIONS FINANCIÈRES S’ADRESSENT-ELLES À LEURS ACTIONNAIRES ?

Comment font les professionnels de l’investissement quand ils s’adressent à leurs propres investisseurs ? En France, les institutions financières ne représentent que 11 % des sociétés du SBF 120 – trois fois moins que la moyenne mondiale. Parce que ce sont des investisseurs qui s’adressent à leurs pairs, leur communication financière joue le rôle de révélateur des attentes du marché :

– Une attention plus grande portée aux actionnaires individuels, qui se traduit par des assemblées plus longues, avec davantage de temps pour le Q&A ; probablement parce que la majorité des institutions financières en France ont une activité B2C, banque ou assurance pour particuliers ;
– Des projets de résolutions plus en phase avec les attentes des actionnaires, ce qui se traduit par des scores d’approbation plus élevés
– Moins d’énergie (moins de temps, moins de documents) que les autres pour expliquer la rémunération des dirigeants, et des scores d’approbation plus élevés : dans ce domaine, ce n’est pas la transparence qui est gagnante
– Tension croissante sur les sujets de gouvernance et de RSE, qui s’est manifestée cette année par une forte présence des ONG en assemblée. La prochaine étape sera-t-elle une contestation par les votes?

1. Seules 13 sociétés du SBF 120 sont des banques ou sociétés

La France demeure un pays industrialisé, où le secteur bancaire et financier ne représente que 11% du SBF 120. À titre d’exemple, les entreprises d’outre-Manche du FTSE 350 sont composées à hauteur de 32% de sociétés financières.

2. Des résultats de vote fluides, mais une forte contestation in situ

La seule résolution rejetée cette année chez une institution financière est une convention réglementée, qui a obtenu 48,98% des voix pour 50% minimum requis. La convention portait sur l’avenant au protocole d’indemnisation entre Natixis et la Banque Palatine.

Aucune résolution « dissidente » n’a été présentée cette année alors que le total se porte à 5 dans l’ensemble du SBF 120.

Notre analyse

Les scores de vote sont fluides : étant dans la même industrie que leurs propres actionnaires, les institutions financières sont peut-être plus que les autres – sociétés industrielles par exemple – à même de soumettre au vote des résolutions correspondant aux attentes de leurs actionnaires.

Les droits de vote double n’ont pas d’incidence sur ces scores : en effet, sur les 13 sociétés financières étudiées, seules 35% ont des droits de vote double contre 70% dans l’ensemble du SBF 120.

En revanche, le jour de l’assemblée, la contestation est vive, sur des sujets non soumis au vote, et non financiers. Les AG de Total, Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole, EDF, Natixis et Hermès ont été perturbés par l’intervention d’ONG lors de la séance des questions/réponses ou lors des exposés. Les ONG ont donc majoritairement choisi les banques, cette année, pour faire part de leurs protestations.

Le poids des investisseurs ISR devrait rapidement faire des sujets non financiers des thèmes phares du dialogue actionnarial. En effet, en France, même si les actifs des « ISR de conviction » ne représentaient que 54 milliards € (en 2015), ils bénéficient cependant d’une croissance à deux chiffres. De plus, l’équivalent de 750 milliards € des investissements se fait avec des contraintes ISR.

3 -Rémunération des dirigeants : moins de transparence et scores d’approbation plus élevés

PAROLES D’ACTIONNAIRES

Pouvez-vous supprimer les retraites chapeaux, qui sont contraires à la morale et injustes ? (Axa)
Monsieur Folz a omis de préciser que vous, et monsieur le Directeur Général, avez une voiture de fonction qui rentre dans le cadre de la rémunération. On pouvait penser que vous étiez bénéficiaire d’un pass Navigo, comme tous les salariés, payé à 50% par AXA. (Axa)
Quel est le ratio d’équité ? J’ai l’impression qu’il a diminué. (BNP Paribas)
Comment justifiez-vous la multiplication par deux de la partie variable de la rémunération des cadres dirigeants ? (Crédit Agricole)
Ne faudrait-il pas considérer que la performance de l’entreprise Natixis dans la lutte contre les cyber-attaques devienne un critère dans la détermination de la partie variable de la rémunération du PDG ? (Natixis)

Notre analyse

Les actionnaires des banques et sociétés financières accordent de plus larges majorités que les autres aux Say-on-Pay, aux politiques de rémunération, aux retraites et aux « parachutes », avec des écarts de 5 à 10 points par rapport à la moyenne du SBF 120.

À l’inverse, ils sont plus réticents sur les sujets dilutifs : actions de performance et stock-options.

Sur le premier point, une explication peut être l’encadrement des rémunérations des dirigeants d’institutions financières, depuis la loi du 22 octobre 2010 de régulation bancaire et financière (LRBF). Sur la structure de la rémunération, elles ont peu de marge de manœuvre ; en revanche, les valeurs
absolues sont le choix des sociétés. Le fait que les scores d’approbation soient élevés confirme que les actionnaires sont attentifs à la forme et au processus de fixation de la rémunération et moins à sa valeur absolue. Leur contestation, quand elle s’exprime, porte sur les actions de performance et stock-options, instruments moins encadrés par la loi, et surtout, dilutifs pour eux.

4. Des sociétés à l’écoute de leurs actionnaires individuels : des assemblées 12 minutes plus longues que les autres, le temps additionnel étant consacré
aux Q&A

Notre analyse

Plus longues en moyenne de 31 minutes en 2015, les AG des banques et sociétés financières se calent progressivement sur la moyenne. En 2017, la durée est supérieure de 12 minutes à celles des sociétés du SBF 120.

La différence avec la moyenne des entreprises se fait sur le temps de Q&A. Celle-ci se réduit.

En 2015, l’affluence moyenne des AG des sociétés financières dépassait celle des AG du SBF 120. Depuis, ce chiffre ne fait que chuter : de 486 personnes en 2015 à 416 personnes en 2017.

5. En assemblée, les questions d’actionnaires révèlent peu d’affect pour l’entreprise, et des sujets de fond sur la gouvernance et la RSE

PAROLES D’ACTIONNAIRES

RSE

Je vous félicite pour vos efforts consentis sur le non-financement des activités liées au charbon mais ils sont insuffisants. C’est très bien de ne pas financer directement des centrales à charbon mais vous pouvez toujours les financer indirectement en autorisant des financements à de très grandes entreprises qui pourraient, dans leurs activités globales, participer à l’établissement de centrales à charbon. (Crédit Agricole- question d’une ONG).

Vos engagements ne sont pas suffisants pour faire face à la crise climatique actuelle. BNP Paribas a financé plusieurs entreprises qui relançaient les activités de l’électricité au charbon. Pouvez-vous confirmer qu’aujourd’hui, ces entreprises sont sur la liste d’exclusion de BNP Paribas ? (BNP Paribasquestion d’une ONG).

Prendrez-vous aujourd’hui l’engagement de ne plus financer les entreprises qui prévoient la construction de centrales à charbon ? (Natixis).

Quelle est l’empreinte carbone des investissement du groupe Axa ? (Axa)

Gouvernance

Serait-il possible que le Conseil d’Administration comprenne un représentant des clients ? (Axa)

Avec la nomination d’Anne Dias, envisagez-vous des investissements dans les médias ou le secteur des cosmétiques ? (Eurazeo)

Rémunération

En 2016, Denis Kessler a bénéficié d’une rémunération totale en hausse de 50% en deux ans. À combien de siècles de la rémunération minimale chez SCOR cela correspond-il ? (Scor).

Pourquoi ne mentionnez-vous pas « hors effet d’aubaine » dans les critères applicables à la rémunération variable des dirigeants ? (Natixis)

Digital

Crédit Agricole s’affirme en 2017 comme une banque relationnelle et digitale de référence. Comment ce tournant vers le digital va être compatible avec une gestion pérenne des RH compte tenu des fermetures prévues des agences dans le réseau ? Quel type de reclassement est prévu ? (Crédit Agricole)

Comment voyez-vous l’avenir de BNP Paribas avec l’émergence de nouvelles technologies, notamment la block-chain dont l’essence même est la dématérialisation des banques ? Est-ce une opportunité ou une menace pour BNP Paribas ? (BNP Paribas)

Notre analyse

Alors que les questions sur l’intérêt pour l’entreprise représentent plus de 28% des questions du SBF 120, cette proportion tombe à 13% pour les banques et les sociétés financières : à travers leurs questions les actionnaires édictent leur propre ordre du jour, et révèlent peu d’affect pour leur entreprise.

Cette différence est en partie expliquée par une forte proportion de questions sur la RSE (16,5% contre 6,33% pour le SBF 120), même s’il convient de rappeler que ces questions sont presque toutes posées par des ONG. D’autres catégories sont aussi plus présentes. Les questions sur le digital sont plus nombreuses ainsi que celles sur la gouvernance qui ont triplé et celle sur la rémunération qui sont deux fois plus nombreuses par rapport au SBF 120.

Malgré la nature de ces sociétés, moins de questions traitant de sujets financiers sont posées (11%), comparé au SBF 120 (15%).

6. Les institutions financières sont plus féminisées que les autres sociétés

CHIFFRES CLÉS

Moyenne SBF 120 : 41%
Moyenne Banques et sociétés financières : 43%
Contrairement aux sociétés familiales étudiées la semaine dernière, les banques et sociétés financière se situent au-dessus de la moyenne du SBF 120, avec un taux de féminisation de 43%.

Notre analyse

Les institutions financières sont plus féminisées que les autres sociétés. Aucune question n’a été posée sur ce sujet lors des AG 2017.
À l’issue des AG 2017, seules 2 sur 13 sont en-dessous du cap de 40% de femmes au Conseil.

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