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La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

La veille de l'HebdodesAG

La seule veille qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous de 700 sociétés cotées en France et à l'étranger : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

L'invité(e) est :

Meka Brunel, Directrice Générale de Gecina

Meka Brunel

Directrice générale, Gecina

“ La gouvernance française est une gouvernance équilibrée qui permet de répondre aux besoins des actionnaires tout en laissant des marges de manoeuvre au Conseil d’administration pour orienter les décisions

Biographie

Meka Brunel est née à Téhéran en 1956 et est arrivée avec sa famille en France en 1972. Diplômée de l’Ecole spéciale de travaux publics (ESTP) de Paris et titulaire d’un Executive MBA obtenu à HEC Paris, elle débute sa carrière d’ingénieure des travaux public chez Fougerolles. En 1996, elle intègre la société Simco, qui ne s’appelle pas encore Gecina. Elle y développe les branches promotion et construction pendant dix ans et intègre le comité exécutif de la société. Mais avec l’arrivée des investisseurs espagnols, elle quitte le groupe. Elle est alors nommée présidente du directoire d’Eurosic où elle siège pendant trois ans. En 2009,  les Québécois de SITQ lui confie la présidence Europe de leur filiale Ivanohé Cambridge. Elle y brille dans ses fonctions pendant huit ans, notamment en décrochant le projet des Tours Duo du Grand Paris.

En 2017, elle retrouve Gecina, mais cette fois-ci en tant que Directrice générale. En février 2018, soit un an après son arrivée dans la foncière, elle présente un exercice hors-norme marqué par l’acquisition d’Eurosic pour 3,3 milliards d’euros, et faisant de Gecina la quatrième foncière européenne.

Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale de la Femme, le président de la République Emmanuel Macron s’est déplacé dans les locaux de l’entreprise afin de saluer son exemplarité en matière de féminisation et de parité salariale.

 

Vous venez d’assister à votre première assemblée générale en tant que Directrice générale de Gecina. Vous connaissez cette société depuis longtemps, puisque vous en avez été Administrateur non exécutif pendant plusieurs années. Qu’est ce qui change dans la vie de tous les jours, quand on passe du non-exécutif à l’exécutif dans la même société ?

Être administrateur cela donne la vision globale, mais aussi toute la responsabilité opérationnelle. Et le diable se cache dans l’exécution, d’autant plus que nous avons eu une actualité très importante dans le courant de l’année 2017. Il fallait faire en sorte que les décisions que je recommandais au Conseil d’administration puisse se transformer en résultats réels pour la société. Je suis également actionnaire, modestement, de la société. Et de ce fait je pense qu’il y a un alignement d’intérêts.

Vous avez une expérience internationale très riche, vous avez vu la gouvernance en pratique dans de multiples horizons. Comment situez vous la France et ses sociétés cotées sur ce critère ?

Dans ce domaine la France est plutôt en avance, elle est très volontariste, notamment avec la loi Copé-Zimmermann et la parité dans les Conseils d’administration.

C’est une gouvernance qui a été inventée en France et qui petit à petit s’exporte, plus ou moins bien, dans le monde. Les pays nordiques ont des gouvernances plus précises techniquement, mais la gouvernance française est une gouvernance équilibrée qui permet de répondre aux besoins des actionnaires tout en laissant des marges de manoeuvre aux Conseils d’administration pour orienter les décisions. Je pense que ce mode de fonctionnement est plutôt salutaire pour les entreprises. La France n’a pas à rougir.

Gecina a été montrée en exemple sur la parité hommes-femmes avec la visite du président Emmanuel Macron le 8 mars dernier. Comment votre entreprise a réussi ce défi ? Quelles sont les bonnes recettes qui pourraient être appliquées à d’autres entreprises ?

C’était véritablement une volonté de la société, de son Président et du Conseil d’administration. Déjà, il faut appliquer rapidement la loi Copé-Zimmerman et commencer à faire rentrer des femmes, et des femmes de talent, au Conseil d’administration. Jusqu’à atteindre la parité. Et surtout, être volontariste pour réduire l’écart des salaires hommes-femmes, avec à compétences égales, un salaire égal. Le Conseil d’administration de Gecina a fait voter des budgets complémentaires de l’ordre de 600 000 euros par an qui ont permis de rattraper cet écart salarial en moins de quatre ans. Pour cela, nous avons gagné le prix Ethics & Boards deux années de suite, c’est pourquoi le Président de la République a voulu souligner cet exemple. Comme je le dis souvent sous forme de boutade : nous avons un seul logiciel qui est Excel, mais nous avons surtout la volonté de faire. Ce que je recommande c’est d’avoir cette volonté là.

Il y a des études réalisées au niveau mondial, par des organismes comme Mckinsey, qui démontrent que là où il y a de la mixité et de la diversité les résultats des entreprises sont en progression de plus de 20%. C’est à méditer. Au Conseil d’administration de Gecina, je peux vous dire que les points de vues des uns et des autres sont toujours discutés. C’est pareil dans le Comité exécutif et dans tout le reste de l’entreprise.

Propos recueillis par Bénédicte Hautefort