ordres du jour, comptes rendus, questions d’actionnaires

La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

La veille de l'HebdodesAG

La seule veille qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous de 700 sociétés cotées en France et à l'étranger : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

L'invité(e) est :

L’invitée de l’hebdo : Brigitte Lemercier

 

43 dirigeants du SBF 120 remettent leur mandat en jeu en 2018. La chasse aux nouvelles têtes est-elle ouverte ?

Je ne livre pas le nom de mes clients mais à mon avis, il n’y a pas de sujet, c’est le silence radio absolu, sinon tous les médias s’en seraient emparés. Mon sentiment est qu’il n’y aura pas de grands mouvements cette année dans les renouvellements, que ce soit dans le CAC 40 ou dans le Next 20, c’est assez calme. La preuve en est qu’il n’y a pas d’article sur le sujet, on n’en parle pas. Je ne crois pas qu’il y ait des choses cachées.

L’objectif d’une proportion de 40% de femmes dans les conseils du CAC 40 est aujourd’hui atteint. Doit-on s’attendre à une poursuite de la féminisation des sièges d’administrateurs ou au contraire à une recrudescence de recrutement d’hommes ?

Le fait d’avoir rempli ce quota est une très bonne chose. Je vous rappelle que dans la majorité des grandes démocraties telles que l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, ainsi que dans les recommandations de l’OCDE, le quota est de 30% donc la France est au-dessus de la moyenne. Si le siège est occupé par une femme il sera renouvelé avec une femme. S’il faut renouveler un homme on recrutera un homme. Les femmes ayant été privilégiées ces dernières années, beaucoup de messieurs n’ont pas eu de mandat pendant cinq-six ans et sont aujourd’hui trop âgés. On devient obsolète très rapidement quand on part à la retraite, il y a un laps de temps de deux ans où l’on est extrêmement recherché car on est sur sa lancée et on a du temps à donner à l’entreprise, notamment dans les comités d’audits, c’est très important. Quelques rares entreprises ont leur quota de femmes et veulent continuer à se féminiser, mais aujourd’hui les messieurs vont être le plus souvent remplacés par des messieurs, c’est certain.

Vous êtes précurseure de la diversification des profils dans les conseils et comités. Est-ce aujourd’hui une tendance acquise dans les briefs de recrutement ?

C‘est toujours un combat. Je me bats pour imposer des DRH dans les comités de nominations et de rémunérations, malheureusement la fonction n’est pas perçue comme un business partner, c’est dommage. Sur le numérique, il est impératif de nommer des jeunes gens dans les conseils qui ont cette vision car toutes les entreprises ont un devoir d’accélérer leur digitalisation, elles s’en sont rendues compte il y a deux ans environ

La prochaine bataille sera celle de la RSE, on y est pas encore, chaque chose en son temps. Il est impératif de diversifier les apports dans les conseils : des progrès ont déjà été faits en termes de nationalités et de compétences ; il faut aujourd’hui renforcer les compétences dans le numérique et les nouvelles technologies. L’âge est aussi un sujet, même si les conseils se sont déjà beaucoup rajeunis sous l’effet de la féminisation. Dans un conseil, il faut des sages mais aussi des compétences dans des matières nouvelles qui obligent les entreprises à être plus agiles dans leur transformation.

L‘obligation d’indépendance des présidents des comités d’audit est-elle respectée dans les grandes entreprises ?

Oui les comités d’audit ont été les premiers très professionnalisés et respectueux du code Afep-Medef. Cela tourne bien, les membres sont généralement indépendants, le président a fortiori. Je ne vois pas de comité d’audit qui ne respecterait pas les recommandations, sauf peut-être à la marge, dans des plus petites entreprises, mais dans les grands groupes français, non.

Avant de fonder NB Lemercier & Associés début 2006, Brigitte Lemercier a passé 27 ans au sein du cabinet Russell Reynolds Associates, dont 18 ans en tant que Directeur Général pour la France. Elle a tout d’abord été Consultant au sein du secteur banque finance, puis responsable de ce secteur en France, avant de prendre la responsabilité du bureau parisien et de se consacrer au recrutement de hauts dirigeants. Pendant cette période elle a occupé diverses fonctions au niveau groupe : membre du Comité Exécutif à deux reprises, Président du Comité de Développement des Ressources Humaines, Président du Comité Qualité et membre du Comité des Nominations. Brigitte Lemercier a commencé sa carrière en 1974 au Crédit Industriel et Commercial au sein du Département International, où elle était responsable des relations avec les pays anglo-saxons.

 

NB Lemercier

et associés

Cabinet spécialisé dans le conseil en gouvernance et en recrutement et développement de hauts dirigeants, il a été créé début 2006. Au travers de plusieurs décennies d’expérience, il peut se prévaloir d’une connaissance éprouvée des principaux acteurs de la vie économique, d’une grande capacité d’échange dans la durée à un haut niveau d’exigence, de confiance et de confidentialité, ainsi que d’une compréhension aiguë des pratiques de gouvernance dans un environnement politico-social, concurrentiel et global complexe.

Propos recueillis par Emilie Levêque