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L’invité de l’Hebdo : François Miceli

Nous aidons les entreprises à mettre en place une gouvernance opérationnelledont l’exigence se rapproche de celle d’un grand groupe.

Sofimac Innovation intervient fortement dans les secteurs de l’écotechnologie, du numérique et des sciences de la vie. Dans les biotechs, la gouvernance fait-elle ressortir des spécificités ?

Oui et non. La spécificité ne se limite pas aux biotechs mais concerne toute start-up innovante qui fait rapidement entrer dans son capital des fonds d’investissement tels que les nôtres et se trouve alors très vite confrontée à des contraintes et à des modes de gouvernance très exigeants qui se rapprochent de ceux d’une ETI voire d’une société cotée.

Cela signifie-t-il que vous intervenez aussi dans la direction opérationnelle et intégrez des dirigeants habitués à ces enjeux de gouvernance ?

Dans une start-up, le plus important, c’est l’équipe. Nous sommes très attentifs à la qualité de l’équipe managériale de l’entreprise innovante dans laquelle nous investissons. Je parle d’équipe et non d’une personne, nous apprécions plutôt les dossiers proposés par deux à trois fondateurs complémentaires dans leurs expertises. Dans la biotech, il s’agit ainsi d’un couple entre un entrepreneur-businessman-financier et une personne expérimentée en sciences, biotechnologie voire développement pharmaceutique.

Les problématiques de gouvernance sont-elles plus importantes encore dans les biotechs qui, souvent, demandent de la trésorerie pour financer leur recherche ? Ne faut-il pas des équipes à la fois capables de bien communiquer et de mener à bien leurs travaux ?

C’est essentiel. Après que nous avons investi dans l’entreprise, nous demanderons des reportings très précis, réguliers, denses en informations. Les entrepreneurs doivent donc accepter ce type de gouvernance.

Nous les aidons à mettre en place une gouvernance opérationnelle dont l’exigence se rapproche de celle d’une ETI voire d’un grand groupe, avec des reportings réguliers.

Parfois, certains dirigeants estiment qu’une fois la levée de fonds effectuée, ils peuvent utiliser les capitaux à leur aise. À tort. Le contrat est que nous leur donnons des capitaux pour créer de la richesse dans l’entreprise. Leur utilisation des fonds sera donc discutée et partagée, qu’elle concerne le recrutement d’un profil de haut niveau à haut salaire, une orientation stratégique ou une décision impactant les actifs. Ces actes nécessitent une information voire une décision de la gouvernance.

Dans le pacte d’actionnaires, il est prévu des modes de nomination d’administrateurs, indépendants ou non, en concertation ou avec des procédures de vote prédéterminées. Généralement, il en ressort un mix entre représentants des financiers, équipe manageriale et administrateurs indépendants qui apportent une expertise particulière nécessaire à l’entreprise.

Dans le secteur des sciences de la vie, les administrateurs indépendants sont-ils plutôt issus du monde scientifique ?

Oui et non. Pour les sociétés de biotechnologie, il existe plusieurs organes de gouvernance. Aux côtés du Conseil de surveillance ou d’administration, très souvent, on trouve un Conseil scientifique. Ce Scientific advisory board rassemble des personnalités scientifiques qui apportent leur expérience et leur avis sur le développement scientifique et technologique de l’entreprise. Dans le même temps, dans le Conseil d’administration vous trouverez aussi des personnalités scientifiques plutôt issues de l’industrie pharmaceutique ou qui ont mené avec succès des expériences réussies dans la biotechnologie.

La problématique des conflits d’intérêt dans l’univers scientifique n’induit-elle pas des contraintes dans le recrutement d’administrateurs ?

Nous ne le voyons pas comme ça. Vous faites sans doute allusion aux conflits dans les laboratoires pharmaceutiques avec les prescriptions de médicaments. Nous ne sommes pas sur ce thème là. Sans être provocateur, je pense que les conflits d’intérêt existent partout et tout le temps. Notre recherche d’administrateurs se focalise sur leur savoir-faire professionnel et sur leur réseau relationnel, en suivant les règles de bonne gouvernance édictées par nos organisations professionnelles.

Vous investissez en Europe et majoritairement en France où le secteur de la santé est très puissant. Observez-vous une différence dans la gouvernance avec les pays anglo-saxons ?

Dans ces derniers, la gouvernance est plus mature, des deux côtés. Les managers sont prêts et expérimentés dans la gestion d’un Conseil d’administration et la mise en place d’une gouvernance bien articulée avec comités d’audit ou de rémunération. Quant aux investisseurs, ils sont aussi plutôt mieux rodés dans leur rôle et s’y limitent.

Bien que vous investissiez dans des sociétés non cotées, appliquez-vous la loi Copé-Zimmerman dans la composition des Conseils ?

Je répondrai en deux parties. Nous rédigeons tous les ans un rapport.
Nous avons ainsi remarqué que dans nos participations la représentation féminine est plutôt en bonne place, puisque deux femmes sont présidentes de sociétés et qu’elles sont présentes dans une grande partie des Conseils d’administration.  du capital au moment de l’introduction en Bourse.

Notre règle alors est de démissionner des organes de gouvernance une fois la période lock-up terminée. Ainsi, si nous voulons organiser des opérations sur nos titres, nous éliminons tout risque de conflits d’intérêts ou d’informations privilégiées. Je vous donnerai un exemple. En 2017, nous avons coté trois de nos sociétés. Dans l’année qui vient, nous démissionnerons de leur Conseil.

Propos recueillis par Marianne Hugoo
Interview vidéo réalisée par Michel Elbsat

Sofimac Innovation, acteur majeur du capital-innovation français, investit dans les sciences de la vie, le numérique, et les écotechnologies par le biais d’une gamme de fonds d’investissement d’un montant de 400 millions d’euros et est présent au capital de quelques quatre-vingt sociétés.

Ses équipes interviennent à tous les stades de développement de l’entreprise, les mises de fond allant de 500 K€ à 3 M€.
La sortie de Sofimac Innovation du capital des entreprises des sciences de la vie s’effectue souvent par cotation en Bourse, comme ce fut le cas récemment pour Valbiotis, Biom’up et Theranexus.

Diplômé de l’Upec Paris XII, de l’IHEDN (Institut des Hautes Études de Défense Nationale) et de l’INSEAD, il a occupé différentes fonctions dans l’industrie des biotechnologies au sein du groupe américain IDEXX Laboratories.

Il a ensuite créé plusieurs sociétés de biotechnologies telles Imaxio ou Erytech Pharma, aujourd’hui cotée à Paris et au Nasdaq. Il est partner de Sofimac depuis 2009.

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