ordres du jour, comptes rendus, questions d’actionnaires

La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

La veille de l'HebdodesAG

La seule veille qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous de 700 sociétés cotées en France et à l'étranger : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

Les attentes des investisseurs

Les investisseurs attendent une communication pré-AG plus claire. À l’ouverture de la saison des AG 2017, nous avons interrogé les investisseurs pour identifier leurs attentes. Nous présentons cette semaine le premier volet de cette enquête, avec les investisseurs français.

Pour mémoire, ils représentent aujourd’hui 55% du capital des sociétés du CAC 40, et un peu plus des deux-tiers du capital des sociétés du Next 80.Nous avons contacté 35 investisseurs de tous profils et présentons une sélection de réponses. L’enquête de la semaine prochaine sera consacrée aux investisseurs non-domestiques.

Les points clés:

•Les investisseurs attendent une amélioration de la communication pré-AG : des documents plus clairs, un accès direct aux administrateurs référents.

•Ils ramènent de fait tous les sujets au vote sur la rémunération du dirigeant mais ne veulent pas le dire ouvertement.

•Ils sont vigilants sur le thème de la RSE mais sans exprimer d’attentes concrètes.

Camille Noisette, Analyste «Voting & Corporate Governance» chez Mirova (Groupe Natixis)

Diplomée de l’ESSEC Business School et ancienne étudiante des classes préparatoires Hypokhâgne/Khâgne de LAKANAL.

 

 

 

 Cédric Lavérie, Responsable «Corporate Governance» chez Amundi.

Responsable de la gestion d’une équipe dédiée en charge des questions de gouvernance d’entreprise, y compris le dialogue avec les actionnaires et le vote par procuration. Auparavant, il a travaillé comme analyste en gouvernance d’entreprise chez Crédit Agricole Asset Management et AXA Investment Managers et en gestion des risques chez Paribas (Suisse) SA. Il est titulaire d’un diplôme d’études supérieures en finance bancaire de l’Université Paris II, de droit économique international de l’Université Paris X et de politique de l’Université de New York

 

 

Romain Burnand, Co-dirigeant de Moneta AM.

Il a été sept fois lauréat des Grands Prix de l’analyse Financière. Il a également travaillé pour JP Morgan et Paribas à Londres, Cholet Dupond, Meeschaert Rousselle à Paris, et chez Ernst and Young en tant qu’auditeur comptable et financier. Il est titulaire du DECS de l’ESSEC et est membre diplomé de la SFAF.

 

Sonia Fasolo, Gérante ISR de Financière de l’Échiquier.

Diplômée de la SFAF et titulaire d’un DESS de finance de l’université de Montpellier-I, Sonia Fasolo a commencé sa carrière chez EuroLand Finance, en qualité d’analyste financier « small et midcaps  » en 2003. Quatre ans plus tard, elle intègre l’équipe de recherche actions France de Berenberg Bank avant de rejoindre La Financière de l’Echiquier en 2010.

 

L’analyse de l’Hebdo

Les investisseurs attendent une amélioration de la communication pré-AG : des documents plus clairs, un accès direct aux administrateurs référents

Comme les années précédentes, investisseurs et sociétés ouvrent le dialogue bien en amont des Assemblées Générales. Les investisseurs soulignent que ces contacts se font souvent à l’initiative des sociétés. Ils reconnaissent l’effort de transparence des sociétés et la qualité du dialogue établi en amont, mais sont insatisfaits de la documentation pré-AG, et abordent la saison avec l’intention d’accroître la pression sur le management, avec des questions écrites, le souhait de rencontrer directement les administrateurs référents, et une présence accrue en assemblée. Les investisseurs interrogés s’attendent à des surprises le jour de l’assemblée.

De fait, le rejet à la fois du Say-on-Pay et des apports en nature lors de l’assemblée récente d’Elior Group ont surpris. Les investisseurs interrogés, même les institutionnels et les grands gérants d’actifs dont aucun n’a le profil d’activiste, ne s’interdisent pas de déposer des projets de résolutions, ou de soutenir des projets dissidents s’ils correspondent à leur propre politique.

 

Cédric Lavérie « Depuis octobre/novembre, nous rencontrons en moyenne une société tous les jours, françaises et étrangères confondues. Et le mouvement s’accélère depuis début mars. »

Sonia Fasolo « L’initiative vient de plus en plus de la part des sociétés, qui vont plus vers les actionnaires. Elles utilisent des sociétés de conseil spécialisées pour ça. Les sociétés sont plus attentives à déminer les sujets critiques comme le sujet de la rémunération. »

Romain Burnand « On est en contact fréquent avec les dirigeants à l’occasion des publications et lors de la période de préparation des AG. »

Cédric Lavérie « La France devient championne du monde du nombre de résolutions. » « Quand on regarde un document de référence, c’est une boite noire. La lecture peut représenter un exercice difficile. Les informations sur la gouvernance sont souvent difficilement utilisables et trop juridiques. » « Nous nous attendons à de fortes oppositions, encore sur les sujets de rémunération. »

Romain Burnand « Nous déposerons de plus en plus de questions écrites, car elles sont plus engageantes, plus officielles ; les questions orales à l’AG sont souvent trop nuancées et élusives. Les questions écrites permettent de sensibiliser tout le board et les autres actionnaires. » « S’il s’agit d’une société qui communique peu et que la présence à l’AG peut apporter quelque chose, nous voterons en assemblée plutôt que par correspondance. »

Sonia Fasolo « Nous considérons les résolutions déposées par d’autres comme des résolutions à part entière et nous appliquons nos politiques de vote si ca va dans le bon sens. »

 

L’analyse de L’Hebdo : Ils demandent davantage de contacts pré-AG avec les administrateurs, plutôt qu’avec les relations investisseurs représentants du management. Les remarques des investisseurs sur ce point nous ont surpris : depuis la mise en place du Say-on-Pay en 2014, les investisseurs ont accès, dans presque toutes les entreprises, à un administrateur désigné, vice-président ou administrateur référent. Preuve que cette organisation, d’origine anglosaxonne, n’a pas encore pris toutes ses marques en France. Nous nous attendons à un débat cette année sur le rôle de l’administrateur référent, et ses interactions avec les actionnaires. Ils ramènent de fait tous les sujets au vote sur la rémunération du dirigeant mais ne veulent pas le dire ouverte-ment. Lors de notre enquête, nous avons parlé gouvernance, RSE, évolution des ordres du jour, communication des sociétés : quelle que soit la question posée, chaque réponse, invariablement, est revenue au thème de la rémunération du dirigeant.

 

Cédric Lavérie « Afin d’appréhender la véritable qualité du Conseil , nous préférons parler à un administrateur plutôt qu’à une personne chargée de la relation investisseurs. »

 

L’analyse de L’Hebdo :

Les investisseurs marquent leur insatisfaction, tout en reconnaissant les efforts des sociétés. Ils ouvrent de nouveaux registres, avec des exigences plus subjectives et donc plus difficiles à satis-faire, comme l’acceptabilité sociale de la rémunération. Simultanément, les mêmes investisseurs soulignaient que ce n’était pas le sujet majeur. Nous nous attendons à voir, cette année encore, le sujet de la rémunération jouer le rôle du « bouc émissaire », cristallisant des sujets d’insatisfaction ou d’incertitude qui n’auront pas forcé-ment de rapport avec la définition technique du « package » du dirigeant. Une ambigüité difficile à gérer pour les entreprises. Les investisseurs mettent en avant leur vision globale pour dire que la rémunération n’est pas le sujet le plus important pour eux.

 

Cédric Lavérie « Le sujet de la rémunération est important mais pas principal. Ce qui nous semble important c’est le fonctionnement du Conseil et sa transparence. Il faut des résolutions clairement motivées, pas seulement techniques. »

Camille Noisette « Il faut sortir d’une vision purement actionnariale et court termiste de l’entreprise et redéfinir la relation qui lie actionnaires, dirigeants, employés et autres parties prenantes. »

Sonia Fasolo « Les actionnaires jouent de plus en plus leur rôle d’actionnaire en s’intéressant à tous les sujets, de facto ceux de gouvernance. »

Camille Noisette «On s’attend à ce qu’il y ait un lien entre rémunération et performance d’une part, mais aussi que le principe d’équité ait été pris en compte, c’est-à-dire l’acceptabilité sociale de la rémunération. Après les récentes controverses, le débat émerge chez les investisseurs institutionnels mais aussi les politiques comme Theresa May. »

L’analyse de L’Hebdo :

Les investisseurs sont vigilants sur le thème de la RSE mais sans exprimer d’attentes concrètes. Avec d’une part COP 22, d’autre part l’évolution récente du code Afep MEDEF, nous nous attendions à davantage d’exigences de la part des investisseurs sur ce sujet RSE. Pour l’instant, le sujet est omniprésent en toile de fond, mais ne fait pas l’objet d’attentes concrètes impactant les votes.

 

Camille Noisette « Il y a un progrès en matière d’intégration des enjeux de développement durable dans la stratégie de crois-sance des entreprises. Les critères environnementaux et sociaux sont désormais inscrits au rang des éléments qui composent la valeur d’une entreprise à long-terme et le dialogue est plus fluide sur ce sujet. Nous insistons donc tout particulièrement pour que cela se reflète dans les éléments de rémunération variables et en faisons une ligne de vote discriminante ».

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