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L’édito de Bénédicte Hautefort

Danske Bank : un nouveau format de résultats annuels, osé sur la forme, prudent sur le fond

 

Cette semaine, Scalens passe à l’échelle européenne, pour la première fois. Concrètement, ces derniers jours, nous avons assisté à 11 assemblées et 43 comptes-rendus de résultats annuels, dans 10 pays. Allemagne, Belgique, Danemark, Finlande, France bien sûr, Italie, Norvège, Pays-Bas, Suède, UK. Et ce n’est qu’un début : avant de vous présenter une première synthèse, le 24 février prochain, nous assisterons à une centaine d’autres.

Chaque lundi désormais, nous vous présenterons un tableau de bord européen pour les assemblées, et les présentations de résultats. Pour chaque indicateur, nous vous donnons la moyenne que nous observons chaque semaine, et les écarts-types.

Pour notre première semaine européenne, nous avons eu des surprises. Pas sur les 11 premières assemblées générales 2022: sur ce front pour l’instant, c’est le calme – hormis le cas très particulier de SMCP et du putsch des créanciers, toutes les résolutions se votent à de très larges majorités. C’est sur les 43 premières présentations de résultats annuels que cette année marque un tournant. L’extrafinancier s’est imposé, et avec lui une personnalisation à l’extrême de ces exercices, où le dirigeant exprime sa personnalité, bien plus que sur des chiffres. Un vent de liberté souffle sur les très traditionnels « result releases ». Formel mais sans cravate, Carsten Egeriis, jeune CEO de Danske Bank la première banque danoise, articule une vision où il est explicitement question de « devenir meilleur » ; un discours qui pour une oreille française pourrait passer pour moralisateur. Mais Carsten Egeriis n’hésite pas, partage ses convictions, et illustre chacun de ses propos de slides colorés, toniques et graphiques, dans l’esprit d’un jeu video ou d’un film d’animation. Pour parler engagement sociétal, résultats financiers et perspectives.  Nos banques françaises, BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole se lâcheront-elles autant ?

Pour capter toute l’ambivalence de ce début d’année 2022, il faut écouter Carsten Egeriis jusqu’au bout. Après les objectifs de développement durable, les 35% de femmes dans les instances dirigeantes, les 40% de réduction de CO2, le soutien aux start-ups, les excellents résultats financiers, les dividendes, viennent les « guidances ». Danske Bank anticipe un ralentissement. Il n’y a d’ailleurs plus de « cartoons » pour illustrer les « guidances », ni de vision du CEO sur le sens des réductions de coût annoncées. Ce côté pragmatique et prudent, c’est aussi très 2022.

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