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La veille de l'Hebdo des AG

L’édito de Bénédicte Hautefort

La Loi Rixain

L’AG de la semaine n’est pas une assemblée d’actionnaires, mais une assemblée de sénateurs.  Jeudi prochain 27 octobre, les sénateurs débattront de la loi Rixain, déjà adoptée par les députés au mois de mai. Il s’agit de publier les écarts de rémunération hommes / femmes, et de s’engager sur un objectif de 30% au moins de femmes dans les instances dirigeantes. 

Deux sujets qui sont depuis plusieurs années au cœur du dialogue actionnarial. La loi Copé-Zimmermann a imposé 40% de femmes dans les conseils français, plaçant la France à l’avant-garde de la mixité. Les associations d’actionnaires sont très attentives, car elles se sont depuis longtemps emparées du sujet, sans compter le Forum pour l’Investissement Responsable (FIR), qui ce printemps a interpellé chaque groupe du CAC 40 sur ce sujet.

Pouvoirs publics et associations de place ont en effet identifié que tout en haut de l’échelle, les inégalités de salaire entre hommes et femmes demeurent. Pour la seule direction générale, l’écart sur 2021 est de 19% en moyenne: une dirigeante remplissant tous les critères de bonus de la politique de rémunération 2021 gagnera en moyenne 1,8 Meuros, vs 2,2 pour son alter ego masculin. Ce ne sont bien entendu pas les mêmes entreprises, pas les mêmes enjeux, pas les mêmes expériences. Reste que les Comités de Rémunération vont pour la première fois devoir s’expliquer sur ces écarts.

Le même aiguillon joue pour les objectifs de féminisation. Les entreprises ont été nombreuses à suivre, dès 2020, les recommandations de l’Afep-Medef : publier un objectif. Les associations de place pensaient ainsi convaincre le pouvoir politique de ne pas légiférer. Las, les objectifs publiés ont été trop contrastés. Au sein du CAC 40, 15 sociétés parmi les plus grandes ont publié des objectifs ambitieux, et déjà dépassé en pratique le cap des 30% de femmes au « comex » : Totalénergies, L’Oreal, Kering, Saint-Gobain, Orange, Pernod-Ricard, Publicis, par exemple. Mais d’autres font chuter la moyenne, qui tombe à 23%. Ce sont celles-ci qui vont être sous pression.

Pendant que les sénateurs débattront de cette proposition de loi, ST Dupont tiendra son assemblée annuelle, en présentiel à la Villa Modigliani. Le Directoire compte une femme sur les quatre membres, la directrice financière. Sa rémunération est comparable à celle de ses pairs. Nous vous dirons si le sujet de la loi Rixain a été abordé au moment de la séance de questions – réponses.

Bonne semaine !

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