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La veille de l'Hebdo des AG

L’édito de Bénédicte Hautefort

Amundi, Caceis et le vote en direct : une première

En toute discrétion, Amundi révolutionne l’organisation des assemblées générales. Vendredi 2 avril, quelques mots laconiques sur un avis juridique paru au Bulletin des Annonces Officielles (l’incontournable « BALO », connu des juristes chargés des assemblées générales, mais peu lu au-delà) : « Les Actionnaires pourront notamment, à distance et en direct, voter sur les projets de résolutions présentés ci-après et poser des questions pendant la période de discussion ouverte par le Président de l’Assemblée Générale. » Pour la première fois en France, le 10 mai prochain, une société cotée va permettre le vote en direct, à distance. Rien de moins !

Jusqu’ici, les sociétés hésitaient, arguant qu’il était impossible à la banque centralisatrice de vérifier, à distance et en temps réel, la détention de titres par l’actionnaire votant. C’est aussi l’une des raisons pour lesquels le législateur n’est pas allé jusqu’au bout de la logique des « AG à huis clos »: la présentation de résolutions en séance n’est pas possible dans ce format. L’idée étant que les actionnaires ne pourraient pas voter à distance, en direct.

Amundi démontre que si, ils le peuvent. Lors de l’assemblée annuelle de la société, le 10 mai, prochain, le vote en direct, à distance, sur l’agenda initial, aura bien lieu. Amundi réalise cette première avec Caceis, la première banque centralisatrice en France. Une société cousine, au sein du même groupe Crédit Agricole. Amundi et Caceis s’appuieront sur la technologie de Lumi Technologies, déjà présente dans les assemblées françaises pour ses boitiers de vote électronique lors des assemblées « en présentiel ». Pour Lumi aussi, société américaine, cette expérience du vote en direct, à distance, est une première en France mais une technique déjà bien rodée dans d’autres pays. Elle explique qu’elle procèdera comme avec ses clients américains : chaque actionnaire s’engagera préalablement à s’identifier via une adresse mail et un code reçu sur smartphone.

Bien sûr, l’échelle compte. Amundi a le triomphe modeste et souligne que cette première technologique se fait à une échelle réduite : la société n’attend que quelques dizaines d’actionnaires qui se connecteront pour voter le jour J. On est loin des milliers de personnes des assemblées Air Liquide ou Total dans le « monde d’avant »; reste que le circuit de vote est identique, quelle que soit la taille.

Cette révolution intervient alors que la majorité des sociétés hésitent encore à organiser une séance questions – réponses en direct. Sur ce premier cap pourtant, des exemples emblématiques ont ouvert la voie : Total, Air Liquide, Cap Gemini, EDF, Vallourec, … merci Amundi d’aider la Place de Paris à franchir un nouveau cap.

Prenez soin de vous,

B.H.

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