ordres du jour, comptes rendus, questions d’actionnaires
350 entreprises couvertes – 83 € HT/mois/personne

La veille de l'HebdodesAG

La seule qui repose sur la présence effective à toutes les assemblées générales

L'invité(e) est :

Jean-Pierre de Soulanges

administrateur de l’APAI

Il faut promouvoir l’actionnariat individuel comme complément de retraite

Invité : JP de Soulanges  Administrateur de l’A.P.A.I. Association pour le Patrimoine et l’Actionnariat Individuel     APAI.fr

« il faut promouvoir l’actionnariat individuel comme complément de retraite »

Nos études montrent qu’en assemblées générales 2019, les principaux thèmes de questions d’actionnaires dans la salle ont porté comme toujours sur la Finance et la Stratégie, mais aussi de plus en plus sur les engagements climatiques des sociétés; pensez-vous que ce soit une tendance de fond également pour 2020 ?

Assurément, car les entreprises sont tenues de communiquer. Pas seulement à cause des COP successives et de l’opinion publique, mais aussi poussées par les exigences, des grands financeurs, des salariés, bref des parties prenantes et aussi pour leur image de marque. Les grands investisseurs mondiaux se sont engagés publiquement sur des scenaris « +2° » ; les entreprises sont contraintes d’entrer dans cette épure pour être financées de façon optimale. D’ailleurs, les taux variables à la baisse de green bonds sont maintenant corrélés sur la performance réalisée en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, on parle de trajectoire vertueuse. Les entreprises réfléchissent aussi à indexer une partie du variable des rémunérations de leurs dirigeants sur des critères extra financiers mesurables. 2020 Année internationale de la santé des végétaux # La nature ne nous trompe jamais, c’est toujours nous qui nous trompons # Jean-Jacques Rousseau

Le questionnement actuel sur les retraites pourrait-il conduire à une redynamisation de l’actionnariat individuel ?

Faire adhérer l’opinion publique à l’intérêt d’avoir une retraite par capitalisation ou en partie par capitalisation, est bienveillant. D’abord parce que c’est captivant les parcours d’entreprises, et de les accompagner en y investissant en actions est plus liquide et rentable sur longue période que n’importe quelle assurance-vie. Créer une image désirable de la détention d’actions, c’est aussi le rôle des média, de l’hebdomadaire des AG et des politiques. Pourquoi est-ce moins bien perçu que la détention d’immobilier ? Un appartement, une maison, c’est à soi. C’est, statistiquement, la première dépense des foyers français, donc dès qu’ils le peuvent : avoir un toit à soi. Une action, toutes les études le prouvent, c’est plus rémunérateur, mais ce n’est pas perçu pareil ; on est des centaines de milliers d’actionnaires par entreprise, l’actionnaire individuel ne se sent pas « propriétaire », et peut facilement arbitrer un portefeuille d’actions contre un investissement immobilier dont il se sentira davantage « propriétaire ».

Que faire pour que l’actionnaire individuel se sente davantage « propriétaire » de l’entreprise ?

Les considérer comme une authentique partie prenante, en ayant un vrai dialogue de proximité avec eux, une intelligence collective, par exemple. Les entreprises françaises, dans la plupart des cas, ne prennent pas le temps qu’il faut pour répondre à leurs questions en AG. Regardez les assemblées générales, lieu d’expression de la démocratie actionnariale : elles durent en moyenne 2 heures 50, dont 50 minutes de questions / réponses  et avec une moyenne de 17 questions. Pourtant les actionnaires présents sont par centaines, voire par milliers à attendre des éclaircissements par un débat éclairé prolongé. Un contre-exemple existe : AIRBUS, Cette société du CAC40, de droit néerlandais. L’AG se passe à Amsterdam en  anglais avec traductions dans 4 langues dont le français. Seuls les actionnaires enregistrés y ont accès. Ceux qui font connaître leurs questions par écrit en arrivant à l’AG ont la parole en premier à l’appel de leurs noms, par le président, pendant 5 minutes. Après épuisement des questions pré enregistrées, ils peuvent reprendre la parole à deux reprises pour poser des questions complémentaires ou d’autres questions, qui portent  exclusivement sur l’ordre du jour de l’AG ; Ils ne sont pas des numéros ! Ainsi, AIRBUS s’assure que les actionnaires présents ont obtenu des réponses appropriées à leurs légitimes interrogations. Il est clair que la retransmission en direct ou en différé permet une communication élargie de cet exercice de démocratie actionnariale.

Les initiatives politiques en faveur de l’actionnariat salarié vont-ils redynamiser l’ensemble de l’actionnariat individuel ?

Hélas, Il n’y a pas de lien. L’erreur des associations d’actionnaires individuels a été d’imaginer, il y a 20 ans, 15 ans, 10 ans, que les actionnaires salariés allaient venir grossir leurs troupes une fois à la retraite. Il n’en fut rien, parce que les actionnaires salariés bénéficient d’avantages privilégiés (décote, participation, abondement), sans lien avec l’actionnaire individuel qui prend et assume son risque dans la durée.

Si l’actionnariat individuel ne progresse pas, c’est sans doute parce que  les actions dites de performance octroyées aux salariés sont perçues comme un complément de rémunération et non comme un patrimoine  pouvant apporter un complément de retraite non négligeable le moment venu; les statistiques montrent que dès qu’ils le peuvent, les salariés vendent ces actions, en général pour acheter de l’immobilier. Sont-ils les meilleurs Ambassadeurs pour promouvoir la détention de cette classe d’actif ?

La digitalisation est un enjeu, pour les relations actionnaires comme pour toutes les autres fonctions de l’entreprise ; pourtant Votaccess progresse moins vite que prévu, comment l’expliquez-vous ?

Votaccess reste cher pour les entreprises et toutes ne peuvent pas s’offrir ce service ; De plus ce service est rigide et non transparent. S’il a le mérite d’exister, il est pratique pour ceux qui veulent participer au vote sans se déplacer à l’AG, comme les gérants de fonds et actionnaires éloignés ou indisponibles le jour de l’AG.  Si on vote préalablement par son système, il n’autorise pas une présence effective à lAG. D’autre part il ne renseigne pas sur le nombre de ceux qui se sont exprimés. Si bien que si vous souhaitez des éclaircissements avant de voter, vous devrez demander une carte d’admission et espérer qu’on vous  passe un micro lors de la séance des questions / réponses.

Le mot de la fin ?

Même à points, la retraite universelle par répartition semble le modèle choisi par une majorité de Français.

Aussi, alors que les fonctionnaires bénéficient obligatoirement, pour une partie, d’un fonds de retraite par capitalisation, ne serait-il pas opportun de rendre obligatoire, pour les salariés actionnaires (malgré eux), de conserver un pourcentage équivalent à celui des fonctionnaires, en actif de capitalisation pour s’assurer d’un complément de retraite ?

Et aux Entreprises de communiquer systématiquement en AG sur la répartition de la valeur ajoutée, pour éduquer les parties prenantes.  Selon la lettre Vernimmen # en 2019 les Entreprises du CAC40 ont rendu aux actionnaires 60,2 Md dont 49,2 Md sous forme de dividendes (dont l’Etat reprend environ 14 Md) alors que dans le même temps elles ont investi 82 Md ( +9,7% / 2018).

Regardez le thème retenu pour le Davos 2020 : Les parties prenantes !

Enfin, comme Albert Einstein # Regardez profondément la nature, et vous comprendrez tout mieux #

Fermer le menu