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La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

La veille de l'HebdodesAG

La seule veille qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous de 700 sociétés cotées en France et à l'étranger : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

L'invité(e) est :

Grégoire Chertok

L’Invité de l’Hebdo: Grégoire Chertok, Associé-gérant et membre du comité exécutif de Rothschild & Cie

 

« les sociétés françaises sont aux meilleurs standards de gouvernance internationale »

 

Comment l’activité de conseil sur l’activisme s’insère-t-elle dans vos activités ?

En France comme dans le monde, Rothschild & Cie mène de front trois activités :  la gestion privée, l’investissement et la banque d affaires.

Dans la première activité, Rothschild Martin Maurel est une des toutes premières banques privées francaise, depuis le rapprochement de Rotschil avec la banque Martin Maurel. En banque d’affaires, Rothschild & Cie est aussi un des intervenants les plus actifs du marché. Nous n’avons pas travaillé en France pour des fonds activistes. Nous préférons être du côté des entreprises et des entrepreneurs. Nous avons plus récemment décidé d’accélérer le développement de notre activité de conseil aux Etats

Ces derniers mois, Rothschild a été visible aux côtés des entreprises sur plusieurs initiatives activistes. S’inscrivent-elles dans une tendance de fond ?

La montée des fonds activistes remonte à plusieurs années, sous l’impulsion d’intervenants anglo-saxons. Un certain nombre de hedge funds dits « situationnistes », à la recherche d’investissements alternatifs, construisent des modèles exploitant des distorsions explicites ou perçues. Dans ces situations d’arbitrage, ils considèrent typiquement que tel ou tel motif de gouvernance entraîne une sous-évaluation du cours de bourse. Ils utilisent alors ce levier, parfois en période d’assemblée générale, ou lors d’une opération financière, pour influer sur la stratégie menée par la société. Le comportement de ces acteurs s’est désinhibé par rapport à une certaine époque. Rothschild & Cie accompagne ses clients dans la durée pour les aider à créer de la valeur à long terme pour leurs actionnaires mais dans le respect des autres parties prenantes de l’entreprise, dont ses salariés bien évidemment. Certains fonds activistes peuvent avoir tendance à privilégier une hausse du cours de bourse à court terme au détriment de certains vecteurs de long terme.

Peut-on définir un profil-type du fond activiste ?
Les fonds activistes n’ont rien d’exceptionnel par rapport aux autres fonds ; ils ont souvent pignon sur rue. Ce sont des spécialistes dans l’obtention de gains à partir de situations particulières.

Cette année, beaucoup de sociétés cotées françaises proposent des mesures anti-OPA, un revirement de l’opinion, quand la loi Florange avait été très critiquée lors de son vote il y a trois ans. Y a-t-il un lien de cause à effet entre ce protectionnisme anti-OPA et la montée de l’activisme actionarial?

La première raison pour laquelle les OPA hostiles se raréfient est l’expansion des patriotismes économiques. Partout se dressent des barrières protectionistes ou nationalistes. Les Etats cherchent à protéger leurs entreprises nationales et font savoir, explicitement ou implicitement, que telle ou telle entreprise doit rester nationale. Nous sommes sortis du « capitalisme débridé ». Les gouvernements peuvent adopter des décrets qui imposent des autorisations spécifiques à un secteur et aux investisseurs étrangers. Plus discrètement, un gouvernement utilisera les canaux diplomatiques pour informer ses interlocuteurs des entreprises qui doivent rester dans le giron de leur territoire. La nationalité des entreprises est devenue un élément de souveraineté nationale.

Le deuxième frein majeur vient des autorités de la concurrence. Les régulateurs veillent à l’application des textes anti-trust et rendent plus compliqués voire impossibles les rapprochements.

Face à la puissance administrative des Etats ou des autorités de la concurrence, l’arsenal juridique ne constitue qu’un facteur d’appoint. Et ce d’autant plus que les entreprises ont compris que les meilleures défenses ne viennent pas du droit : aucune poison pill ne résiste à une prime importante. Pour une entreprise, aucun bouclier ne sera plus efficace qu’un cours de bourse reflétant au mieux leur valeur intrinsèque.

Comment se positionnent les sociétés françaises sur cette problématique ?

Ces dernières années, les entreprises françaises ont fait des efforts considérables pour améliorer leur transparence et leur communication financiere. Elles se sont hissées aux meilleurs standards de gouvernance internationale tout en se sont dotant d’un arsenal juridique. A elles de savoir le manier avec modération car il peut être contre-productif. Trop rigide, il pèserait sur le cours de bourse et rendrait l’entreprise paradoxalement plus vulnérable.