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La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

La veille de l'HebdodesAG

La seule veille qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous de 700 sociétés cotées en France et à l'étranger : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

L'invité(e) est :

Cedric Lavérie Head of French Governance Research at ISS | Institutional Shareholder Services

Head of UK, France, MENA Research – ISS Governance Services

Cette enquête met en évidence une préoccupation croissante des investisseurs sur la place des femmes dans la gouvernance; la France est en avance sur ce point au niveau des Boards, percevez-vous moins d’attente des investisseurs français sur ce point ?

Les investisseurs français ont des participations dans de nombreux marchés en plus de la France et donc restent attentifs à la féminisation des Conseils. Il reste beaucoup à faire en matière de diversité et la récente loi en Californie imposant une féminisation minimale sous peine d’amendes montre que cela n’avance pas assez vite selon certains législateurs. Par ailleurs dans les pays comme la France, qui ont atteint une certaine parité, les investisseurs s’intéressent désormais à la féminisation des membres de la direction. Leurs attentes se sont également élargies vers une approche de la diversité plus globale : compétences, expériences, internationalisation. Les investisseurs veulent des Conseils « armés » face aux challenges à venir pour la société et suffisamment divers pour éviter toute influence de « group thinking » et être capable de voir venir les prochaines transformations. Un nombre croissant de sociétés utilise des matrices pour illustrer l’équilibre de leurs conseils.

La question du climat et plus généralement la RSE apparaît comme une attente croissante, et pourtant vos investisseurs ne semblent pas donner d’instruction précise sur la façon de prendre en compte cet aspect – avez-vous eu des exemples de commentaires (par exemple des investisseurs qui demandent à ce que la rémunération comporte un critère RSE, voire plus précisément un critère relatif au climat ?)

La RSE et le climat sont effectivement des sujets d’attention pour les investisseurs. Pour ceux investis aux États-Unis, la pratique des résolutions d’actionnaires leur permet d’intégrer ces problématiques dans leurs pratiques de vote. 2018 a d’ailleurs été une année record pour les résolutions environnementales tant en nombre de résolutions déposées, que retirées (après des engagements des sociétés) ou validées en AG. Par contre, en Europe par exemple, l’intégration du climat et de la RSE dans les pratiques est plus complexe car il n’y a pas de résolutions directement liées et peu de résolutions d’actionnaires traitant ces sujets.

En cas de défaillance en matière de RSE, les investisseurs peuvent cibler la validation des comptes, le renouvellement d’administrateurs membres de certains comités (RSE, risques ou encore audit), la décharge/quitus ou encore les rémunérations si elles ne prennent pas en compte la performance extra-financière.

La rémunération des dirigeants semble être un sujet moins brûlant pour les investisseurs au niveau mondial; percevez-vous la même chose en France, malgré les « affaires » successives de début 2018 ?

On parle peut-être moins de rémunération en raison de l’absence de nouveautés sur le «  say on pay ». Mais néanmoins cela reste un sujet de vigilance fort pour les investisseurs. Même si l’opposition sur ces sujets a baissé en 2018, les résultats de notre dernier « European voting results report » montrent que les taux de contestation restent hauts, surtout lorsqu’on ne s’attache qu’au vote du flottant (19.6% contre les politiques de rémunération et 17.3% contre les rapports).

Les pratiques des sociétés ainsi que la réactivité des Conseils par rapport aux résultats de 2018 seront déterminants sur leur traitement en 2019.

Propos recueillis par Bénédicte Hautefort