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La veille de l'HebdodesAG

La seule veille qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous de 700 sociétés cotées en France et à l'étranger : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

Ce sont des éléments extra-financiers qui ont fait bouger les marchés aux annonces de résultats annuels 2017

Les cours du CAC 40 ont baissé de 3% depuis le 1er février, alors que les sociétés ont annoncé une croissance des résultats nets de près de 19% et des perspectives optimistes. Tendance identique dans le Next 80. Comment l’expliquer ?
Le fait que les marchés réagissent aux annonces de résultats annuels est en soi une observation étonnante : cela signifie soit qu’ils ont été surpris, soit parce qu’ils n’avaient pas une anticipation parfaite des chiffres, malgré leur suivi attentif des sociétés, soit parce que des éléments non-financiers ont été annoncés en même temps, et avaient été moins bien anticipés dans le cours.
Notre analyse société par société met en évidence le fait que c’est la seconde option qui est la bonne : opinion de l’analyste sur l’évolution macro-économique et la façon dont elle peut impacter la société dans le futur, ou sur la capacité de la société à réaliser une opération stratégique qu’elle annonce.
Nous mettons en évidence, enfin, que la taille de l’entreprise n’a pas d’influence sur ce dialogue avec le marché au-delà des stricts agrégats financiers : petites et grandes entreprises se comportent de la même façon.
L’importance de ces ressorts d’ordre non financier va dans le sens de l’analyse du législateur, qui impose à partir de 2019 une information normée sur les éléments extra-financiers qui impactent la performance de l’entreprise.

1. Méthodologie

Pour les sociétés du SBF 120 qui ont déjà publié leurs résultats annuels (113), nous avons comparé l’évolution du cours de bourse depuis début février 2018 avec l’évolution de leur résultat net tels que publiée lors des résultats annuels.
Nous avons visualisé les résultats sous forme de courbes, pour le CAC 40 d’une part et le Next 80 d’autre part, figurant de gauche à droite les sociétés par ordre de chiffre d’affaires 2017. En ordonnée, l’évolution du cours de bourse depuis début février 2018 en %, et l’évolution de leur résultat net tels que publiée lors des résultats annuels en %.
Si les courbes étaient superposées, cela signifierait que l’évolution du cours de bourse s’explique par l’évolution du résultat net, que les marchés auraient découverte le jour de l’annonce (hypothèse, bien entendu, irréaliste).
Si l’évolution du cours de bourse était totalement nulle, cela signifierait que les marchés ont totalement et exactement anticipé l’évolution des chiffres, et l’ont intégrée dans le cours avant l’annonce.
Les graphes montrent une réalité entre ces deux hypothèses d’école : la courbe d’évolution du résultat net varie, mais beaucoup moins que celle du cours de bourse. Les évolutions des résultats nets annoncés par les sociétés varient dans un « couloir » de -40% à +60%, quand les évolutions du cours de bourse varient elles dans un « couloir » de -10% à +10%. Cela signifie que l’évolution du cours de bourse s’explique par d’autres facteurs que la croissance (ou le recul) du résultat net. En d’autres termes, cela signifie, pour les cas les plus décalés à la hausse ou à la baisse, soit que le marché a été surpris par des chiffres différents de ses attentes, soit qu’il a intégré d’autres éléments – extra-financiers.
Pour préciser ce comportement du marché, nous avons étudié ces cas les plus « décalés », à partir des notes d’analystes réalisées lors des publications de résultats.
Par ailleurs, nous avons étudié l’effet de taille. Les sociétés étant classées de gauche à droite par ordre dé-croissant de chiffre d’affaires 2017, l’effet de taille se visualise graphiquement par la largeur du « couloir » dans lequel se situent les évolutions de cours et de résultat net. Le fait que ces « couloirs » restent les mêmes (-40%//+60% pour le cours de bourse, -10%//+10% pour le résultat net), suivant des droites quasi horizontales sur chacun des deux graphiques, traduit le fait qu’il n’existe pas d’effet de taille sur ce sujet : les sociétés du haut du CAC40 se comportent comme celles du bas du Next 80. Les décalages sont, cependant, d’ampleur plus importante dans le Next80.

2. Dans le CAC 40 : évolution des cours de bourse et annonces de résultats sont décorrélées, à la hausse comme à la baisse

En moyenne, les cours du CAC 40, depuis le 1er février, ont baissé de 3%, alors que les sociétés ont annoncé une croissance des résultats nets de près de 19% en cumulé.
Focus sur les cas les plus marquants :

– ARCELOR MITTAL : le cours recule de 6% alors que le résultat net croît de 61% ; les marchés se sont inquiétés de l’annonce du plan acier américain, que les analystes pensent défavo rable à ARCELOR MITTAL ;
– AXA, qui recule de 11% depuis le 1er février, quand le résultat net a été annoncé en hausse de 7% ; plusieurs analystes ont réagi avec inquiétude à l’annonce du rachat par AXA de l’Américain XL Airways – annonce qui ne pouvait bien entendu pas être anticipée dans le cours ;

KERING, dont le cours a reculé de 3%, quand le résultat net s’est apprécié de 120% ; il semble que le marché ait considéré que le résultat de 2017 s’expliquait surtout par la performance exceptionnelle de la marque GUCCI, sans être certain que cette performance pourrait se répéter à l’avenir.
A l’inverse, le cours d’ESSILOR est resté quasi stable (+2%) à l’annonce d’un résultat net en recul de 22% en 2017 ; de même que TECHNIP, avec un résultat net 2017 en recul de 53%. Les marchés avaient-ils anticipé ces informations ?

 

3. Tendance identique dans le Next 80

En moyenne, les cours du Next 80, depuis le 1er février, ont baissé de 1%, alors que les sociétés ont annoncé une croissance des résultats nets de près de 11% en cumulé.
Les cas les plus marquants sont FNAC DARTY, dont le cours a reculé de 9%, quand le résultat net s’est apprécié de 80% ; CASINO, dont le cours recule de 10% alors que le résultat net croît de 9% ; FONCIERE DES REGIONS, qui recule de 5% depuis le 1er février, quand le résultat net a été annoncé en hausse de 10%. Les marchés attendaient-ils davantage ?
A l’inverse du CAC 40, aucune société du Next 80 ne voit s’apprécier son cours de bourse avec des résultats en recul.