ordres du jour, comptes rendus, questions d’actionnaires

La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

La veille de l'HebdodesAG

La seule veille qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous de 700 sociétés cotées en France et à l'étranger : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

L'invité(e) est :

Aldo Sicurani

Délégué général de la F2iC

Face à un dirigeant qui crée de la valeur, les actionnaires individuels adoptent d’autant plus massivement sa rémunération que les rapports annuels fournissent des renseignements profonds sur les modes de calcul

La pratique du versement d’acomptes sur dividende s’étend de plus en plus. Est-ce pour répondre à une demande des investisseurs ?
Cette année marque un tournant en effet, avec près du 1/3 des entreprises du CAC 40 qui le proposent aux actionnaires et une diffusion en hausse mais plus restreinte chez celles du Next 80.


L’actionnaire individuel ne demande pas forcément l’acompte mais je constate qu’il en est satisfait. Quant aux institutionnels, je présume qu’ils doivent exprimer clairement cette demande aux sociétés pour qu’elles mettent en place des services d’acompte. En effet, qui dit versement dit sortie de trésorerie.
En Europe, les entreprises versaient traditionnellement les dividendes dans les trois semaines suivant les AG de printemps. Il y avait des exceptions, telles EDF, Orange ou Total mais cette pratique n’était pas fréquente.

Comment expliquez-vous la forte baisse du mode de paiement en actions, inexistant chez les entreprises du NEXT 80 ?
La réticence vient plus des entreprises et des investisseurs institutionnels que des actionnaires individuels. Le dividende en actions a été proposé surtout lors de la crise de 2008, caractérisée par un manque de liquidités. « Cash is king » comme disent nos les Anglo-saxons et les entreprises se sont précipitées sur cette pratique qui leur évitaient d’utiliser leur trésorerie, d’autant que la loi leur permet d’offrir ces titres avec une décote allant jusqu’à 20 % d’un montant de référence, souvent avantageuse pour l’actionnaire. Les taux d’adhésion étaient à l’époque élevés.


Prenons cette année l’exemple de Total qui propose le paiement en actions mais avec une décote en-deçà des 20 %, dans un marché financier aujourd’hui volatil. Il sera intéressant d’observer le taux d’acceptation des actionnaires de Total.
Le très faible niveau des taux d’intérêt, comparé à celui d’il y a 9 ans, explique également le moindre recours à ce mode de distribution. Les entreprises, aux bilans solidifiés, se financent quasiment gratuitement aujourd’hui.
Enfin, l’impact technique de la fiscalité est négligeable. Alors que les dividendes en action sont exonérés, une taxe de 3 % est prélevée sur les dividendes en numéraire.

Dans leurs autorisations financières, les entreprises demandent moins que par le passé la possibilité de procéder à des rachats d’actions. Comment l’expliquez-vous ? 
Ce système est moins populaire en Europe qu’en Amérique du nord où les statistiques sur le Dow Jones montrent que la part du rachat est plus significative. Il s’agit peut-être d’un trait culturel. Pour les actionnaires européens, professionnels ou particuliers, c’est la règle du « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ». Un dividende encaissé entre dans le portefeuille, alors qu’un rachat d’actions accroît le bénéfice par action mais pas forcément le cours de Bourse.

En quoi les attentes des actionnaires individuels diffèrent-elles de celles des sociétés de gestion ? Se «professionnalisent-ils ?
Les 100 000 adhérents de la F2iC sont des investisseurs relativement sophistiqués qui gèrent eux-mêmes leur portefeuille. Cela dit, ils ne le sont pas plus qu’il y a dix ans, même s’ils ne sont plus exclusivement tributaires des conseils donnés par les médias financiers et ont à leur disposition des outils pointus et à la palette inouïe. S’en servent-ils à bon escient ? Sont-ils en mesure de bien sélectionner les sources d’information ? Ceux que je côtoie s’informent avec un minimum de sérieux mais la diffusion de soit-disant « bons tuyaux » s’est élargie avec les réseaux sociaux.

De l’enquête sur les attentes des investisseurs institutionnels parue dans le précédent numéro de l’Hebdo des AG, les rémunérations des dirigeants semblent devoir être le grand sujet des AG 2017. Retrouvez-vous la même préoccupation chez vos adhérents ?
Attention à la schizophrénie. Il existe toujours cette facilité à affirmer « les patrons sont trop payés » mais, lors des AG, face à un dirigeant qui travaille avec efficacité et crée de la valeur, les actionnaires individuels adoptent d’autant plus massivement sa rémunération que les rapports annuels fournissent des renseignements profonds sur les modes de calcul. Les votes n’expriment pas de véritable contestation sur le montant des rémunérations.
Et, parfois, les débats sur les rémunérations masquent d’autres enjeux. Je pense ainsi à l’opposition exprimée à la rémunération de Thierry de la

Tour d’Artaise lors de l’assemblée générale 2011 de SEB, une entreprise dont l’actionnariat est familial. Il a existé plus de maladresses que d’abus. Les actionnaires ont conscience que les chefs d’entreprise français ne sont pas outrageusement payés par rapport à leurs pai

rs.
Cependant, le législateur s’est emparé de ce sujet, parfois de façon comminatoire et cela ne concerne pas que la France. D’autres pays considérés comme de tradition très libérale, telle la Suisse, ont adopté des textes stricts, liant le conseil d’administration au vote de l’assemblée générale. Vous remarquerez que les contestations sur les rémunérations des dirigeants sont nées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, sans que cela n’entrave une explosion de leurs montants, acceptée par les actionnaires. La transparence, c’est bien, j’ai plus de doutes sur l’impact de la transparence.La Fédération des actionnaires individuels et des clubs d’investissement vient de lancer le réseau social «Place des actionnaires», ouvert à tout investisseur et émetteur, mais aussi aux blogueurs et journalistes financiers. A quel besoin répondez-vous?
L’objectif de placedesactionnaires.com est de réconcilier le monde physique de l’investisseur physique avec le monde virtuel et d’amener les actionnaires dans un lieu unique où ils disposeront d’une information diversifiée et auront accès à la source de l’information.
Actuellement, l’information est traitée puis diffusée par des commentateurs d’horizons divers –presse généraliste ou spécialisée, sociétés de gestion, agences de communication… S’y ajoutent les commentaires de commentaires. placedesactionnaires.com tient compte de cet état de fait sans le critiquer mais donne l’origine de ces commentaires. Un exemple, la publication des résultats annuels de L’Oréal qui entraîne à son tour la publication de commentaires. L’actionnaire qui veut se forger son propre avis doit aller sur le site de L’Oréal où il naviguera jusqu’à trouver « publication de résultats » dans la rubrique « investisseurs ». Nous lui proposons, ainsi qu’aux analystes, gérants et journalistes, d’ouvrir un compte gratuit générant un flux d’informations, source et commentaires, sur les sociétés cotées qui l’intéressent. Nous amenons les investisseurs vers un flux d’informations dédié.
La loi Pacte a rendu les retraits de cote plus faciles et plusieurs sociétés ont saisi cette opportunité cette année; pensez-vous que cette « purge » est finie où attendez-vous une nouvelle vague de retraits de cote en 2020?

L’entrée en vigueur de la loi PACTE le 22 mai 2019 a effectivement permis d’abaisser les seuils de détentions permettant un retrait de cote. C’est une évolution positive, car nous pensons que les sociétés auront davantage la volonté d’entrer en bourse si elles ont plus de facilité à en sortir. A Paris, 12 entreprises ont ainsi été radiées de la cote suite à une offre de retrait obligatoire en 2019. Ce chiffre est comparable à 2018 (12). Cette évolution liée à la loi PACTE ne devrait pas conduire à une hausse significative des retraits en 2020.

Quel bilan 2019 pour les entrées en bourse sur Euronext ?

En 2019, Euronext a admis 47 entreprises sur ses marchés contre 69 nouvelles admissions en 2018. Toutefois, les montants levés en 2019 restent similaires à ceux de 2018 avec respectivement 4,7 et 4,9 milliards d’euros levés.

Après un premier semestre calme, des introductions en bourse de tailles significatives ont marqué le second semestre 2019. Parmi ces entrées, il y a eu de très belles opérations comme Verallia (3,1 milliards de capitalisation boursière à l’IPO), la Française des Jeux (4,2 milliards de capitalisation boursière à l’IPO), mais aussi de belles histoires de croissance avec Hoffman Green Cement, Boostheat ou encore Agripower. A noter le nombre croissant de cotations d’entreprises cleantech sur nos marchés, qui fait d’Euronext le plus grand marché d’Europe du secteur avec un total de 65 entreprises et une capitalisation boursière agrégée de 23 milliards d’euros.

Nos autres places ne sont pas en reste puisqu’Amsterdam a accueilli cette année Prosus, un géant de l’internet grand public, valorisé à 95,4 milliards à son introduction en Bourse. L’acquisition de la Bourse d’Oslo a aussi contribué à la dynamique d’introductions au niveau du groupe. Enfin, Euronext connait un succès grandissant en Europe en dehors de ses places domestiques, notamment avec son initiative auprès des SME de la tech européenne : en juillet 2019, nous avons admis 13 entreprises originaires de pays étrangers (Espagne, Italie, Grèce, Islande et Etats-Unis).

Nous comptons poursuivre nos efforts pour soutenir le financement des entreprises françaises, grandes ou petites, développer l’internationalisation de nos cotations et renforcer nos attraits de place de référence pour les entreprises Tech en Europe. Sans relâche.