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La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

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La seule qui repose sur la présence effective à TOUS les rendez-vous des sociétés cotées : assemblées générales annuelles et extraordinaires, présentations de résultats semestriels et annuels, investor days

L'invité(e) est :

Alain Clot

Président de France FIntech

Capitaliser sur les capacités cumulées des administrateurs est à l’avantage de l’entrepreneur, des investisseurs et des actionnaires.

Alain Clot, Président de France Fintech

Pourriez-vous nous donner la conception de la gouvernance au sein de votre association ?

Il existe à la fois du générique et du spécifique. Les sujets de gouvernance sont les mêmes quelles que soient les entreprises et, dans le même temps, le secteur de la fintech est régi par des mécanismes propres, tels la petite taille des sociétés, leur courte histoire et leur financement par des intérêts privés. Dans le processus d’habilitation à France Fintech, il existe des critères spécifiques –secteur de la banque, de l’assurance, production digitale, modèle économique alternatif aux modèles classiques…- et des critères subjectifs que je résumerais par un comportement déontologique. L’idée n’est pas de sanctionner mais de hisser vers le haut par de bonnes pratiques. C’est un critère extrêmement important. Dans le secteur financier, la protection du consommateur et de l’investisseur est essentielle et chez les Fintech plus encore que pour les acteurs classiques.

Que signifie concrètement le terme de déontologie ?

Ce sujet global porte sur le respect de la réglementation dans la lettre et dans l’esprit, sur le respect du consommateur, de ses intérêts financiers et de son information, sur les comportements éthiques, telles l’origine des fonds par exemple mais aussi la communication. Il s’agit du bon respect des lois et des usages à la fois.
N’oublions jamais que la fintech, c’est un service financier plus de la réglementation. Les fintech sont les start-up les plus surveillées.

Vous insistez sur le respect du droit des consommateurs, un aspect peu visible dans la gouvernance classique qui insiste plus sur la mission des administrateurs, en charge de veiller sur les prises de risque et sur la stratégie de l’entreprise. Dans la Fintech, ce rôle est-il assuré par les capitaux-risqueurs ou les « parrains » qui accompagnent les créateurs?

La jeune tradition du digital est de mettre du sens, du contenu dans l’activité de l’entreprise. Les jeunes générations prennent en compte les aspects sociétaux –environnement, féminisation..- autant que la performance économique. Dans leur recrutement, une des marques de fabrique est d’informer sur le contenu éthique de l’entreprise.
Deux parties composent la Fintech, une partie non profit, à caractère caritatif et l’autre classiquement capitalistique, à la recherche de profit. Cependant, ces deux aspects se mêlent aussi. Dans le monde digital, une entreprise peut rendre un service social tout en créant de la valeur actionnariale : c’est là qu’on trouve le plus de profit. Dans le secteur bancaire, les exemples sont nombreux, la société CompteNickel qui a rebancarisé les exclus des établissements financiers, le crowfunding qui donne accès au crédit à de toutes petites entreprises… Nous ne sommes plus dans le clivage traditionnel mutualistes et banques cotées. Même dans un service 100 % capitalistique, les notions d’équilibre, de respect, de sens sont cruciales.
Par ailleurs, dans ce secteur financier, la confiance est cruciale pour que les prêteurs soient assurés du remboursement. Les Fintech sont donc contrôlées par l’ACPR, comme n’importe quelle banque ou société d’assurances mais le régulateur est très présent dès le lancement de l’entreprise, puis dans l’exercice de son métier.
Enfin, je suis moi-même capital-risqueur et reste vigilant sur la gouvernance. Outre le Conseil d’Administration classique, le Comité stratégique est composé de « vieux sages » qui veillent à conseiller l’entrepreneur sur la structuration de la stratégie et la gouvernance. Une start-up est une PME et les différences de gouvernance sont les mêmes qu’entre une grande société cotée et une petite entreprise.
Un business angel qui engage ses propres capitaux à un stage d’amorçage à très haute prise de risque a une proximité forte avec l’entrepreneur. Il l’aidera au réglage stratégique. Le formalisme dépendra du mode administratif, mais même pour une SAS où le conseil d’administration n’est pas obligatoire, les capitaux-risqueurs privilégient cette instance de dialogue et exigent la présence d’un comité stratégique. Capitaliser sur les capacités cumulées des administrateurs est à l’avantage de l’entrepreneur, des investisseurs et des actionnaires.

Les Fintech ont presque toujours une stratégie internationale. Existe-t-il une gouvernance spécifique française ?

Plus maintenant. L’endogamie a quasiment disparu en France et il y a convergence entre les pratiques. Nous conseillons aux jeunes entreprises d’accueillir des administrateurs indépendants, de préférence de nationalité étrangère, d’ouvrir les portes aux femmes. Nous veillons au respect des aspects d’équilibre, d’exercice dual et de contradiction.
Le secteur financier est en outre soumis dans l’Union européenne à la disposition du passeport qui donne accès à tous les marchés dès lors que l’on a obtenu l’agrément dans le pays du siège social. Quasiment toutes les fintech envisagent une croissance sur deux ou quatre pays autre que la France. Elles ne peuvent donc se permettre un exotisme de gouvernance et luttent contre la capillarité. Un conseil n’est pas la somme des parties mais une vision globale à partir de cultures et de capacités contributives complémentaires.

Les grandes entreprises américaines du digital pratiquent souvent des formes de gouvernance peu appréciées des investisseurs, du type droit de vote double, absence de dividendes… Qu’en pensez-vous ?

Je suis président d’une association française dont les capitalisations atteignent rarement plus de quelques centaines de millions d’euros. Surtout, ces mauvaises pratiques ne sont pas propres au numérique, pas plus que le respect actionnarial, le bon usage des fonds, le respect des consommateurs.
Les spécificités propres à la Fintech ne relèvent pas de la gouvernance, on les trouve dans l’accompagnement qualitatif, la transparence, l’appui fiscal aux investisseurs qui risquent de perdre leur mise une fois sur deux lors des amorçages.
En matière de régulation, nous ne revendiquons pas le statut d’entreprise spécifique mais avons obtenu un suivi très en amont et une prise en compte des aménagements de proportionnalité.
La Fintech qui subit une contrainte de surveillance propre à son secteur l’a transformé en opportunité pour un meilleur contrôle des risques. Elle a aussi influé sur le comportement des deux régulateurs compétents, l’AMF et l’ACPR qui ont accepté de travailler ensemble au sein d’une structure commune et, aussi, de spécialiser des équipes compétentes pour suivre les Fintech. Ce suivi au fil de l’eau et personnalisé pourrait être repris par d’autres secteurs économiques.
Enfin, nous avons des échanges nombreux avec les législateurs français et européens et sommes force de proposition, notamment lorsque les superviseurs et régulateurs lancent des consultations. Actuellement, nous travaillons de façon participative à l’intégration en France de la deuxième directive européenne sur les paiements qui modifiera dès 2018 les comportements bancaires. France Fintech, qui profite d’un réseau mondial très étoffé se veut acteur responsable, qui, dès qu’elle est interrogée, agit dans l’intérêt de place. Elle mène des échanges, de grande qualité, avec pratiquement toutes les instances publiques et réglementaires.

L’essentiel du parcours français d’Alain Clot s’est déroulé au sein du Groupe SG, dont il a exercé un grand nombre des métiers: de la direction de la salle des marchés de SG Londres à celle de la filiale canadienne, de la fonction de directeur de la stratégie du groupe, à celle de PdG de SG Asset Management ou la Direction générale du Crédit du Nord.
Il opère désormais dans le monde digital, en tant que Senior Advisor chez Ernst & Young , Business Angel en accompagnement d’une dizaine de start ups (dont Le Compte Nickel) et Président- fondateur de France FinTech, l’association représentant l’écosystème des Fintech françaises.

France FinTech fédère les entreprises utilisant des modèles opérationnels, technologiques ou économiques innovants et visant à traiter des problématiques existantes ou émergentes de l’industrie des services financiers.
Son activité se structure autour de 3 grandes missions :
– la promotion de la Fintech française en France et à l’étranger.
– la représentation du secteur auprès des pouvoirs publics, des régulateurs, de la Commission européenne, des parlementaires, des investisseurs et, enfin, du secteur financier dit « traditionnel » : les banques et les assureurs

– l’animation de l’écosystème, c’est-à-dire faciliter la rencontre des différents interlocuteurs pour alimenter les opportunités d’affaires, et finalement le système.

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