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La veille de l'HebdodesAG

La seule qui repose sur la présence effective à toutes les assemblées générales

L'invité(e) est :

Alain Bloch, Directeur scientifique d’HEC Entrepreneurs et co-fondateur d’HEC Family Business Center

Directeur scientifique d’HEC Entrepreneurs et co-fondateur d’HEC Family Business Center

“Augmenter le nombre d’administrateurs salariés est un chiffon rouge pour certains investisseurs”

“Augmenter le nombre d’administrateurs salariés est un chiffon rouge pour certains investisseurs”

Avec son fameux « article 61 », la toute nouvelle loi Pacte repense la place des entreprises dans la société, en affirmant l’importance de la pérennité et du rôle social de l’entreprise.

J’ai beaucoup travaillé comme chercheur sur la question. Nous avons démontré en effet que les grandes entreprises familiales, parce qu’elles mettaient au premier plan de leurs préoccupations la pérennité, étaient en réalité plus performantes. Elles atteignaient l’objectif de performance à travers celui de pérennité qui implique une forme de résilience durable, très adaptée à l’environnement très turbulent que nous traversons.

Bien sûr il ne faut pas opposer la performance et le profit à la pérennité et à la résilience. Ce sont en réalité les deux objectifs qu’utilise n’importe quel dirigeant d’entreprise. Le profit et la performance ne sont que second dans une hiérarchie des priorités. Dans certaines périodes de la vie de l’entreprise, on peut tout à fait remettre le profit et la performance en priorité, mais le plus naturel pour une organisation c’est la pérennité et la résilience.

La loi PACTE encourage également l’actionnariat salarié. Quel est aujourd’hui l’état de l’actionnariat salarié des sociétés françaises cotées ?  Allons-nous dans le bons sens ?

Oui bien sûr. Je crois même que la France n’a pas mis assez l’accent là-dessus. L’actionnariat salarié est un outil qu’ll faut cependant manier avec un peu de précaution car derrière il y a des enjeux de pouvoir. Mais je pense que l’intéressement salarié est un outil plus souple et moins engageant pour l’entreprise, au moins dans un premier temps, qu’il faut encourager. Sur ce point, je trouve que nous aurions pu aller plus loin. Dans mes recherches, j’ai eu une discussion avec le groupe Saint-Gobain. Lorsque j’ai présenté mes résultats à M. Pierre-André de Chalendar, dans lesquels nous concluions au fond que Saint-Gobain se comporte un peu comme une grande entreprise familiale, il m’a répondu que,  parce que 10% du capital est détenu par les salariés, ces derniers ont acquis des réflexes de propriétaires. Je suis un grand défenseur de l’actionnariat salarié, mais il peut faire peur, et je pense donc qu’il faut le faire avec prudence. L’intéressement est donc une première étape déjà très vertueuse.

 

La loi renforce enfin le poids des salariés dans les Conseils d’Administration

Sur ce point je suis plus réservé car je crois que ce n’est pas la bonne question. C’est plutôt de renforcer le droit de renforcer les outils d’information et d’analyse des administrateurs salariés. Nous connaissons bien cette pratique où les Conseil d’administration  se réunissent d’abord sans les administrateurs salariés, pour ensuite avec eux établir une réunion formelle très langue de bois. Si c’est pour arriver à ce genre de comportement cela n’a pas d’intérêt. En revanche, mieux permettre aux administrateurs d’exercer un pouvoir de contrôle et de surveillance, faciliter le financement des audits qu’ils peuvent réaliser avec des experts comptables dans certaines situations, précisément, par exemple, quand l’objectif de pérennité serait compromis. On devrait renforcer ces attributions qu’ils ont déjà. Je pense que cela serait plus efficace que de renforcer le nombre. C’est un peu un chiffon rouge pour certains investisseurs, notamment dans d’autres territoires. Si nous ne voulons pas que tout le monde s’installe au Luxembourg, nous devons tout de même faire un peu attention. Il ne faut pas exagérer le poids de la réglementation qui est déjà lourd et efficace.

 

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