L’édito de Bénédicte Hautefort

Une « bonne gouvernance » aujourd’hui est un cocktail sur-mesure de cadre règlementaire, de transparence financière et de gestion des talents

 

Qu’appelle-t-on « une bonne gouvernance » ? L’Hebdo de cette semaine fait le point sur les multiples exigences auxquelles une entreprise cotée doit aujourd’hui répondre. Surprise : autant de réponses que de personnes interrogées. Pour satisfaire simultanément toutes ces parties prenantes, à chaque entreprise de placer le curseur entre cadre règlementaire, transparence financière et gestion des talents.

Notre Invité de cette semaine est François Miceli, Directeur Général de Sofimac Innovation, fonds d’investissement spécialisé dans le capital-risque en Biotech. Il est pragmatique : une gouvernance opérationnelle, c’est un reporting serré sur les indicateurs financiers permettant de suivre le déroulement du plan. Les indicateurs non financiers, comme par exemple la diversité, la mixité, la part d’administrateurs indépendants, le sentiment d’appartenance (« inclusion ») ou encore le turnover des employés font bien sûr partie du paysage mais ne sont pas explicitement sur le radar du fond d’investissement.

Autre registre d’exigences, celui des ressources humaines. Notre rubrique « Expert » cette semaine rend compte de la Table Ronde du Club XXIème siècle, association fondée en 2004 par un cercle considéré alors comme « l’élite des enfants issus de l’immigration ». Le Club XXIème siècle, à Bercy, invitait à sa Table Ronde Delphine Gény, Secrétaire d’État, Hélène Reltgen, associée d’Egon Zehnder, ou encore Bernard Spitz, Président de la Fédération Française des Assurances. Pour eux, une bonne gouvernance est une gouvernance « inclusive ». La priorité est de développer le sentiment d’appartenance des équipes, pour fidéliser les talents. Il est question de composition du Conseil d’Administration et du Comex, de prises en compte des cultures par exemple dans le calendrier de jours fériés. Aucune référence au reporting financier.

Étonnant que sur cette question de définition d’une « bonne gouvernance », ni notre Invité ni nos Experts n’aient fait référence aux lois françaises, pourtant très précises et légiférant sur des sujets qui dans d’autres pays ne sont pas encadrés par la loi – indépendance des administrateurs, rémunération des dirigeants, quota de femmes, …- ni aux règlements AMF pour les sociétés cotées, ni aux codes que la plupart d’entre elles suivent en plus – le Code de gouvernance, anciennement Afep-MEDEF, ou le Code MiddleNext suivant la taille de l’entreprise. Notre Enquête fait le point sur cet appareil de lois, de règlements et de codes.

Alors, qu’est-ce qu’une « bonne gouvernance » ? Ce numéro de l’Hebdo confirme, sur cet aspect comme sur bien d’autres, la réalité qui s’impose au dirigeant : chaque partie prenante de l’entreprise a sa propre définition du sujet, sa propre attente, et l’entreprise n’a pas le choix : une « bonne gouvernance », aujourd’hui, c’est une façon de fonctionner qui permet de satisfaire toutes ces attentes à la fois. À chaque entreprise de connaître suffisamment ses parties prenantes pour définir sa propre « bonne gouvernance ».

B.H.